La planète beauté pleure des larmes de fards. Sur votre chemin, vous croiserez des milliers de personnes. Parfois, certaines personnalités, personnages, se distinguent. Ils vous fascinent, vous apprennent des choses, ou vous marquent tout simplement. En mars dernier j'ai eu cette chance. Celle de croiser la route d'un embellisseur de peau et de vie. Un maquilleur créateur. Max Delorme. Un homme charismatique, qui semblait faire 2m de haut et autant de talent. Un sourire esquissé de côté. Un artiste non conventionnel, qui m'a appris à détourner chaque produit. Ne pas s'arrêter à la fonction d'un objet. Un baby lips transparent pour transformer une ombre mate en ombre miroir, vibrante, à reflets, il fallait y penser. Un personnage capable de comparer sa création pour le défilé Paul & Joe à un scarabée gentil. "C'est comme un scarabée gentil, tu veux le caresser mais il te pique, c'est un peu ça l'histoire". Il avait ce don pour la fine métaphore. Celle qui te fait sourire mais tout comprendre. Max, tes pinceaux sont orphelins aujourd'hui, on les entend déjà se plaindre de ne plus danser au dessus des visages qui attendent leur maquillage.
Je retiendrai tes inspirations, la couleur d'un macaron Carette. Je retiendrai tes recommandations, arborer un teint unifié mais pas chargé. Aimer les brillances. Ne pas trop en faire. Salir même certains maquillages des yeux. Je retiendrai tes anecdotes hilarantes et pleines de vécue. Je retiendrai aussi et surtout ton humanité. Le temps que tu as pris pour tout nous expliquer à nous blogueuses, que tu as considérées, respectées, alors que tu nous semblais inaccessible, et pourtant...
Je retiendrai la différence que tu ne faisais pas, pour un collègue, un supérieur, une blogueuse, un ami. Je retiendrai ton tutoiement aisé qui nous rassemblait.
De là haut s'il te plait, n'oublie pas tes pinceaux, embellis les tous; nos mères, nos pères, soeurs ou grands mères. Tu es parti bien trop tôt, tu avais encore tant de jolis dessins à faire. Epate les comme tu nous fascinais, continue à parler de ta femme à la première minute de chaque conversation.
Mes pensées vont à elle, femme d'artiste, et à toute ta famille, que tu avais l'air de chérir encore plus fort que tes pinceaux, c'est dire.
Je devais t'interviewer le 1er octobre, mais, personnage énigmatique que tu étais, tu as préféré t'envoler avec tes secrets, tes astuces. Je pense que des réponses j'en trouverai. Un maquilleur créateur comme toi, plus jamais.
